Perpétuer
la mémoire...
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Une journée
"Devoir de la Mémoire" Par François Bertrand
Ce contrat fut suivi par un déplacement au collège même le 18 décembre 2001. La matinée avait été consacrée à un contact avec le principal et à un premier témoignage devant 40 élèves. L'après-midi un deuxième témoignage suivit, devant un deuxième groupe de 60 élèves. Par ces deux témoignages, il s'agissait de sensibiliser une centaine d'élèves d'une part au phénomène et aux causes profondes de la déportation et d'autre part aux conséquences toujours vivaces pour le monde présent. Cela devant des élèves particulièrement attentifs et intéressés si l'on en juge par les nombreuses questions posées au témoin. II. Le second projet était plus ambitieux. Il eut lieu le 4 février 2003 ; il a pratiquement "mobilisé" la direction et une grande partie du corps professoral et 50 élèves.
Condé en Brie est à 10 kilomètres de Château-Thierry et à 90 kilomètres de Paris (soit une heure de T.E.R.). Le collège est neuf et implanté en pleine nature. Les élèves sont essentiellement de souche française, les parents soit travaillent la terre soit occupent un poste dans le tertiaire à Château Thierry et à Paris. Ils ont les moyens de la classe socioprofessionnelle bas et milieu de B. Les élèves semblent vifs et attentifs au message qu'on leur présente. La "Grande Rue" de Château-Thierry et la télévision sont essentiellement leurs "repères" (certains ne sont jamais allés à Paris...). Heureusement l'enseignant concourt à une ouverture sur la France (par exemple voyage organisé à Verdun et sur les champs de bataille de la guerre 1914-1918).
Avant que j'intervienne les élèves avaient eu l'opportunité de lire mon livre et de prendre connaissance de mon site Internet mis régulièrement à jour par l'équipe d'Anovi.
1 ) A l'arrivée, contact approfondi avec la principale du collège, Madame Alexia, en présence de Marc Nadaux. 2 ) Une première session eut lieu avec deux classes soit environ 50 élèves. Auditoire extrêmement attentif ; nombreuses questions pertinentes. 3 ) Déjeuner avec la principale et trois professeurs d'Histoire et géographie. 4 ) Immédiatement après durant une heure exposé devant 20 professeurs (assistance nullement provoquée) : lien à faire entre la défense du pays "par les armes" (armée de libération et résistance) et par la souffrance (déportation) et les valeurs pour lesquelles tous ces combattants ont risqué leurs vies. Enfin appel à la vigilance car "la bête n'est pas morte". 5 ) dans l'après-midi contact avec les élèves volontaires pour faire partie d'une classe homogène permanente de 25 élèves intitulée "classe d'Histoire". Cette classe "originale" est une initiative de Marc Nadaux, qui a obtenu l'accord de l'inspecteur de l'enseignement secondaire (cette classe a droit officiellement à 1 heure 30 par semaine sur le programme scolaire pour un projet spécifiquement basé sur la "Mémoire". Nombreuses furent posées les questions fort pertinentes, dont celle très directe : "Si vous aviez su quel serait votre sort et ce que vous avez vécu auriez-vous été toujours volontaire ? " La réponse à une telle question ne peut être intellectuelle, elle doit être charnelle : vous vous devez de "sortir vos tripes", car à cet instant il s'agit de les convaincre que ces valeurs, pour lesquelles vous vous êtes battu sont essentielles, intangibles, impérissables, "jusqu'à la mort". Des parents d'élèves dont un délégué ont assisté à cet échange et apprécié cette "communion de pensée" : élèves-professeur-témoin.
Il est réconfortant pour le témoin ; cela conforte sa volonté d'agir auprès de ces jeunes à qui jamais personne n'a voulu ni n'a osé parler de ce pourquoi ils sont en vie et toujours français. C'est un viatique puisque, lui revenu, peut parler aux noms de ceux et de celles qui ne sont pas revenus... III. Le projet 2004 devrait être plus ambitieux. Il s'agirait de convaincre l'inspecteur de l'enseignement secondaire qu'une journée puisse au collège être déclarée "Réflexion sur la Mémoire". La présence de plusieurs témoins serait nécessaire. C'est au professeur Marc Nadaux de sentir si ce projet ambitieux est viable. IV. Ma conclusion intime est que si le message est énoncé avec franchise et simplicité par des témoins qui parlent avec leurs coeurs et leurs intelligences, il peut aider grandement à une meilleure connaissance et donc à une acceptation volontariste de la notion de patrie et de la nation "Europe", demain indissociables. |
© Anovi - F. Bertrand - Éditions Art Cool, 2003-2005