Le convoi A
Convoi parti le 6 avril 1945
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La destination annoncée de ce convoi était Flossenbürg, à pied. Il rassemblait 3.000 ou 3.105 Juifs provenant du Petit Camp. Ils avaient été "récupérés" par les SS après une chasse à l'homme organisée le 4 avril, suivant la procédure de "l'apparence juive" (voir la page consacrée à la libération de Buchenwald). Deux rescapés de ce convoi ont bien voulu livrer leur témoignage sur celui-ci. La colonne est encadrée par des SS hongrois et ukrainiens dont la moyenne d'âge est plutôt élevée (40 à 45 ans environ). Si l'on traîne en queue de colonne ou si l'on tombe, on est abattu aussitôt. Il est également mortel d'avoir des chaussures de cuir de belle apparence, car on est tué ; le gardien allant aussitôt dans une ferme proche pour y échanger ces chaussures contre de la nourriture pour lui-même. La colonne passe par Hof après avoir contourné Weimar. Elle utilise des routes secondaires sur un parcours de près de 200 km. Du 6 au 18 avril, elle met 12 jours pour arriver au camp de concentration de Flossenbürg. Ce camp vit alors une époque étrange. Il est surmonté de drapeaux blancs. Les SS en conservent le contrôle de l'extérieur. Les Juifs venus de Buchenwald sont séparés des "Aryens" pour être parqués à l'intérieur du camp, dans une zone entourée de barbelés. Rares sont ceux qui parviennent à se réfugier dans des baraques "d'Aryens". Le camp de Flossenbürg est à son tour évacué. Cette évacuation s'effectue à pied, en direction du sud. Cinq jours plus tard, après 100 km de marche, la colonne des déportés arrive à Untertraubenbach (entre Roding et Cham) pour y être libérée par les chars américains le 24 avril à 15 heures. Certains autres échouent à Pösing où ils sont libérés le 23 avril vers 11 heures. Entre le 6 et le 24 avril, les détenus de ce convoi n'ont reçu que deux fois une ration de 500 à 700 grammes de pain et un bol de grains de seigle crus. Par contre, ils ont pu boire. Ceux qui sont atteints du typhus sont soignés à Cham par le 120th Evacuation Hospital de l'Armée américaine. Les pertes entre Buchenwald et Untertraubenbach sont très lourdes. A peine quelques survivants ont-ils pu être retrouvés. |
© Anovi - F. Bertrand - Éditions Art Cool, 2002-2005