Le convoi G

Convoi parti le 10 avril 1945



Ce convoi comporte 5.000 détenus lorsqu'il quitte Buchenwald le 10 avril. Il embarque en train à Weimar dans la nuit. Le 11 avril à 15 heures, le train est inutilisable et le trajet se poursuit à pied. 18 heures de marche conduisent les détenus d'Eisenberg (12 avril) à Gera (13 avril) et Weida (13 avril), où le convoi est scindé en trois colonnes.

Les colonnes A et B quittent Weida par train le 14 avril. La suite du périple est la suivante :

15 avril / 1 heure du matin : arrivée en gare de Flossenbürg puis entrée dans le camp.
16 avril : Journée d'incertitude. Les SS s'éloignent du camp. Des drapeaux blancs sont hissés, mais les SS reviennent dans la journée.
17 et 18 avril : Camp de concentration de Flossenbürg.
19 avril : Des bruits d'évacuation courent.
20 avril : Évacuation du camp de Flossenbürg.
21 avril : poursuite à pied vers Pleystein.
21 avril / 17 heures 30 : A Winklarn, un Waffen SS français décoré de la Médaille Militaire veut engager la conversation.
22 avril : Nuit passée dans un bois de sapin, sous la pluie.
23 avril / 10 heures : Ordre de départ est donné. Les couvertures et les vêtements de laine, dont le poids devient impossible à porter, sont abandonnés. 

L'errance se poursuit par Rötz, Pösing et Wetterfeld. Là, les chars américains font leur apparition. Les gardiens SS s'enfuient. Ils sont abattus ou faits prisonniers. Les déportés sont regroupés à Cham. Les Français sont ensuite pris en charge par la Mission de Rapatriement qui les habille et les ravitaille.

La colonne C s'est rendue de Flossenbürg à Dachau à pied, en passant par Cham, Straubing et Landshut. Les survivants sont enregistrés avec d'autres détenus arrivant de Flossenbürg ou de Buchenwald. 

Un déporté de la colonne C raconte son passage par Flossenbürg en ces termes : "Nous avons dû continuer notre évacuation à pied vers le camp de Flossenbürg dans des conditions particulièrement dures. Sans nourriture, en voyant nos camarades arrêtés être exécutés sur place par les SS ou tomber de faim et de fatigue. Dans des conditions aussi inhumaines, nous sommes arrivés au camp de Flossenbürg où nous avons été parqués dans un hall désaffecté, compressés au maximum. Ayant séjourné de 12 à 24 heures dans ces lieux, le sol ne représentait qu'un tapis de cadavres. A l'extérieur, les latrines étaient également jonchées de cadavres. Le lendemain, des milliers d'hommes étaient divisés en 3 groupes pour nous diriger vers Dachau et ceci, toujours à pied depuis Iéna. Nous n'avions toujours pas mangé, les camarades tombaient par centaines".

© Anovi - F. Bertrand - Éditions Art Cool, 2002-2005