Les convois
Évacuation de Buchenwald
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- Pourquoi ? - Les 9 convois -
Les évacuations ont lieu au moment même de la grande offensive du 11 avril 1945. Or, début avril, le rythme de l'avance des Alliés en territoire allemand s'intensifie. A l'ouest, les troupes d'Eisenhower coupent la route vers le nord. Elles foncent vers l'Elbe pour y rejoindre les forces russes. Du côté du front est, les troupes des maréchaux soviétiques s'avancent vivement vers Berlin et le Danube. Les seules possibilités pour les convois partant de Buchenwald sont la route du nord-est (pour échapper aux Américains) et surtout celle du sud, pour tenter de passer entre les Américains et les Russes. Ainsi s'expliquent les tracés : vers Leipzig et Dresde, puis la plongée vers le sud, vers Passau et le Danube, avec deux options : Salzbourg ou Munich. La réalité psychologique : Il s'agissait pour les SS de dégager Buchenwald avant l'arrivée des troupes américaines, de se débarrasser de ce magma de détenus du Petit Camp de moins en moins contrôlables et de pouvoir plus sûrement maîtriser les éventuels mouvements d'insurrection du Grand Camp. Les SS connaissaient l'existence du Comité International, dont la tête était prise par les communistes allemands et le bras armé était constitué des prisonniers de guerre soviétiques et des responsables des résistances nationales. Il est douteux que ce Comité ait envoyé un message radio aux Alliés le 8 avril, signalant les évacuations ("Nous vous appelons à l'aide. On veut nous évacuer. Les SS veulent nous détruire"). Aucune trace n'en a été retrouvée. La réalité concrète : Il convient de prendre en compte un faisceau de faits :
Tout ceci explique que l'exécution des ordres "d'en haut" se heurtait, heure après heure, jour après jour, à des obstacles insurmontables. Par ailleurs, la "peur du lendemain" des exécutants et l'insolence de ceux qui donnaient des ordres non exécutables concordaient pour créer la panique, le désordre, la cruauté inutile, la mort. Ainsi, il a fallu 21 jours au train du convoi C pour faire 760 kilomètres, soit 34 kilomètres par jour ! Le Grand Reich était enfin à genoux.
Après études, contacts avec des participants et recoupement de nombreux documents, il nous a été possible de retrouver la trace de 9 départs :
Près de 90 % des 38.000 détenus formant ces 9 convois |
© Anovi - F. Bertrand - Éditions Art Cool, 2002-2005