François Bertrand :
rescapé et témoin
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François Bertrand est né en 1919 dans une famille originaire à la fois du Périgord et de Touraine. Titulaire d'un D.E.S. de philosophie (obtenu à la Faculté Catholique de Lyon), il est également diplômé du C.P.A. en 1952. Jeune aspirant de 1940, il a rejoint la Résistance intérieure qui l'envoie, en 1943, en mission en Allemagne comme Commissaire adjoint des Chantiers de Jeunesse. Il est arrêté par la Gestapo à la fin de l'année 1944, puis condamné à mort par le SD de Kassel. Son crime ? Avoir participé activement à la création d'un réseau de résistance franco-allemand. Il arrive au "petit camp" de Buchenwald au début du mois d'avril 1945. Matricule 139.865. Du 7 au 28 avril, il subit le sort de ses compagnons de misère dans le convoi menant de Buchenwald à Dachau. C'est cette douloureuse expérience qu'il raconte dans son livre et que ces pages web résument. Libéré par les troupes américaines le 29 avril, il est finalement rapatrié en France le 18 juin 1945. La paix revenue et les cicatrices de la guerre refermées (pas toutes, malheureusement...), il reprend une carrière civile. Il est successivement cadre chez l'Oréal (1948-1951), directeur international des parfums Christian Dior (de 1952 à 1979), administrateur de plusieurs sociétés du groupe Moët-Hennessy (1980-1984) ; il est également conseiller honoraire du Commerce Extérieur de la France. En marge de cette carrière professionnelle, il s'engage dans un certain nombre d'actions humanitaires. Son expérience de déporté n'est pas étrangère à ce choix. Co-fondateur de "Prisonniers sans Frontières", il a également été administrateur et trésorier national du "Secours Catholique (Caritas France)" pendant dix ans (1984-1994). Son action lui a valu la reconnaissance de l'État (il est commandeur de l'Ordre National du Mérite), mais aussi celle du Vatican qui lui a conféré la dignité de grand-croix de l'ordre pontifical de Saint-Grégoire-le-Grand. A titre militaire, il est officier de la Légion d'Honneur, titulaire de la Croix de Guerre 1939-1945 avec palme, décoré de la Croix du Combattant Volontaire de la Résistance et titulaire de l'insigne des blessés. C'est à son oeuvre de témoin que François Bertrand accorde aujourd'hui toute son énergie, conscient que, pour reprendre l'expression d'Élie Wiesel, "oublier, c'est se choisir complice". |
© Anovi - F. Bertrand - Éditions Art Cool, 2002-2005